Compte rendu de séances n° : 3
Cette fois-ci, nous sommes bel et bien dans le travail de notre pièce et seulement de celle-ci : toutes les séances visent à mettre en scène « Funérailles d'hivers ».
Les cours sont un enchaînement de répétitions des scènes les unes après les autres :
Distribution des rôles, apprentissage des textes et du jeu rythment nos cours tous les mardis soirs.
On débute par le début – habituel – mais tout le monde va joué, même ceux qui n'ont pas de rôle dans la première scène : tous nous présentons tour à tour par groupe de quatre un travail rapide sur le tableau 1 et le début du 2. La majorité des mises en scènes proposées sont assez conventionnelles : Alté, la vieille mère, meurt dans un fauteuil, nostalgique, le fils semble attristé, aimant et attentionné, et reste auprès de sa mère jusqu'au bout. Ensuite, dans le couple Shratzia et Rashèss, la femme semble nettement dominer, diriger le mari docile.
Cette scène a été retravaillée jusqu'à ce qu'Alté devienne ironique, devienne une femme qui n'a rien d'autre à penser au seuil de sa mort qu'à qui viendra à son enterrement, et qui montre qu'elle prend son fils pour quelqu'un de peu d'importance. Lequel est désinvolte, indifférent, voir agacé et pressé de la mort de sa mère. Quant à Rashèss, il est devenu vraiment obéissant au doigt et à l'½il de sa femme toujours dirigeante, mais aussi un peu apeurée. Un gros travail a été réalisé sur la coordination des coups frappés à la porte par Latshek et les paroles du couple Shratzia – Rashèss de l'autre côté de la porte.
Reste encore à bien travailler les « chuchotements théâtraux ».
Après plusieurs séances nous avons retravaillé cette scène, mais cette fois-ci seuls ceux impliqués joués.
Dans le jeu entre Alté et Latshek (Laurine et Julien) il y a eu un travail sur les positions : des « noirs » ont été instauré dans le texte, c'est-à-dire qu'à de courts instants il y aura des blancs dans le texte, les projecteurs qui s'éteindront et les deux personnages durant ces fractions de secondes devront changer de position du tout au tout. Ces blancs correspondent à des changements spatio-temporels. Les seuls objets présents étant une table et une chaise.
Le ton du personnage a aussi été travaillé : [...]soupir d'exaspération.
A cet instant, l'ange de la mort doit apparaître et jouer un morceau de saxophone représentant la mort. D'ailleurs tout les instants de musiques ont été choisis en groupe et travaillés (voir créé pour certains) par l'acteur. Nous avons profité d'une bonne partie d'une séance pour chercher les musiques, notamment celle de la mort d'Alté, qui doit être à la fois vive et mélancolique, à la limite de la tristesse.
Pour cette scène, Julien devra travailler le son rôle pour devenir plus méchant et agressif, il devra aussi et surtout s'entraîner à « chuchoter fort ». Quant à Laurine, il faudra qu'elle soit plus crédible.
De même Titskéva, Bobitshek et Shratzia devront travailler leur ton : [...]
Une fois ce travail effectué et le texte apprit, nous avons rejoué tout le début pour de bon. C'était plutôt bien, nous avons juste remarqué que Baragontsélé lors de son monologue dois plus se centrer et être plus visible par le public (et non caché par son imposante femme).
Deuxième scène travaillée à plusieurs reprises : l'arrivée sur la plage, lorsque les personnages se battent contre le froid, le vent, la pluie et la tempête, qu'ils doivent gérer des bourrasques de vent avec un seul parapluie pour tous, sans oublier d'éternuer. Un gros travail de groupe est effectué pour cette scène, ainsi qu'une réflexion sur la musique et le matériel qui pourrait y être envisagé (parapluie, tremplins... ?). L'entrée sur scène et la position par rapport au public malgré les bourrasques est aussi un gros travail. Lors du premier essai, nous nous sommes tous essayé à un personnage quelconque – que ce soit le notre ou non – je me suis essayé à Baragontsélé et nous nous sommes aperçu que pour cette scène encore il y aurait un chant à travaillé : il faudra trouver une sorte de rythme de chanson paillarde entraînant que Baragontsélé devra lancé avec entrain et faire taire petit à petit, au fur et à mesure que l'on se rend compte que les autres personnages ne le suivent pas dans son élan. D'autre part Alice, en sportif, a su se montrer très convaincante et trouver rapidement des attitudes qui s'apposer bien au rôle : mouvement d'échauffement, course sur place lorsque le sportif s'adresse au groupe, toujours hyper actif quelle que soit la conversation... Après deux répétitions de cette scène, la mise en scène autour du jeu sportif était trouvée, l'élément me plaisant le plus étant la marelle collective : lorsque les deux sportifs et le groupe discutent, à un moment, sur une réplique précise, les deux sportifs avancent ensemble sur une marelle imaginaire.
Le moment qui sera peut-être le plus délicat à jouer dans la pièce sera l'envolée à la fin de cette scène. Nous l'avons d'ailleurs travaillé lors d'un échauffement : nous devions trouver une méthode pour s'envoler, voler et atterrir individuellement dans un premier tps, puis en groupe dans un second temps. Certains on choisit, pour s'envoler, la douceur et l'expansion des gestes, d'autres on choisit des mouvements rapides, un saut suite à une course avec des gestes amplifiés voir exagérés. Ensuite nous avons fait deux groupes : l'un a fait tout en douceur, des pas lents et des gestes amples, l'autre a fait des pas amplifiés, à une vitesse ni trop lente ni moyenne, sur des trajectoires variées et des virages brutaux, les bras ouverts, le regard fixé sur l'horizon, en avancée groupée.
Pour travailler l'avant dernière scène, celle du bal, nous avons eu le droit à un échauffement en musique... Nous avons du, sur deux morceaux de musiques inconnus, faire une improvisation, un travail de groupe surtout corporel (pas de jeu, mais de la danse) sur le rythme de la musique. Ce passage s'est voué à un échec malgré deux tentatives, car nous ne comprenions pas ce que voulait notre professeur. Nous n'avons peut-être aussi pas su retirer un voile de pudeur ou nous adonner seulement à la danse en oubliant totalement le jeu du comédien.
En effet, à la deuxième tentative, nous avons essayer de moins jouer et plus danser, au tout début juste en nous concentrant sur nous puis, petit à petit, à créer une cohésion avec le jeu des autres. C'était un peu mieux, quelque chose « s'est passé » pour certains d'entre nous, mais il y avait un manque de créativité, d'idée et de dynamisme.
Enfin nous avons commencé collectivement à rechercher un jeu pour le personnage individuel de Shahmandrina. Après réflexion et exposition des idées de chacun, [patati patata], puis revenir tranquillement en position du lotus...
Afin que notre pièce ne soit pas trop longue (étant donné que nous avons rajoutées des scènes au texte), et bien nos professeurs ont décidés de couper de courts passages dans le texte. Nous avons donc réalisé une italienne de toute la pièce pour faire les répartitions de textes entre les personnages dont les rôles ont été coupés en deux (par exemple pour le professeur Kipernaï et son « ami »), et pour que nous notions les coupures décidées.
Un apprentissage du texte individuel ou collectif à lieu lors de la majorité des séances, selon quels sont les personnages qui répètent ou non (ceux qui ne sont pas sur scène, à la place de porter un regard critique sur ses camarades, peuvent aller apprendre ou réviser leurs textes). La course aux costumes est lancée.
Récapitulatif de la distribution des rôles :
Alice : Litshenstein ;
[..]
Simon : Rashèss.